Vendre sa voiture : éviter les arnaques au paiement
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Vendre sa voiture : éviter les arnaques au paiement

6 min de lecture

Vendre sa voiture soi-même, c'est souvent en tirer un meilleur prix. C'est aussi s'exposer à des acheteurs qui n'ont aucune intention de payer. Les arnaques à la vente d'un véhicule d'occasion suivent presque toujours le même but : vous faire remettre la voiture avant que l'argent soit réellement sur votre compte. Si vous hésitez encore sur la manière de vendre, commencez par comparer les trois façons de vendre sa voiture. Cet article s'adresse au particulier qui vend seul, et qui veut être payé pour de vrai.

La seule règle qui compte : les clés après l'argent

Le véhicule, les clés et le permis de circulation ne changent de mains qu'une fois les fonds crédités sur votre compte. Pas annoncés. Crédités.

Et c'est vous qui le vérifiez, dans votre e-banking ou dans l'application de votre banque, que vous ouvrez vous-même.

Ce qui ne suffit pas :

  • une capture d'écran envoyée par l'acheteur ;
  • un e-mail qui semble venir de votre banque ou d'un service de paiement ;
  • un ordre de paiement affiché sur le téléphone de l'acheteur ;
  • un PDF « de confirmation ».

La plupart des arnaques décrites plus bas cherchent à faire sauter cette règle. Si vous la tenez, la plupart tombent d'elles-mêmes.

Le faux avis de paiement

C'est l'arnaque la plus simple. L'acheteur vous envoie une capture d'écran, un PDF ou un e-mail qui imite une banque ou un service de paiement. Le message annonce que l'argent est « en route », « en cours de validation » ou « bloqué jusqu'à la remise du véhicule ».

Les signaux qui doivent vous alerter :

  • l'urgence : l'acheteur veut conclure aujourd'hui, avant la fin de la journée ;
  • l'expéditeur : l'adresse n'est pas celle de votre banque, ou ressemble à une adresse officielle à une lettre près ;
  • un lien à cliquer pour « débloquer » ou « confirmer » les fonds ;
  • une condition : l'argent ne serait libéré qu'après la remise des clés ou l'envoi d'un numéro de suivi.

Une banque ne retient pas un paiement en attendant que vous livriez une voiture. Et un ordre de paiement saisi n'est pas un crédit reçu : il peut être modifié, annulé ou n'avoir jamais existé.

Le trop-perçu à rembourser

Le scénario est bien rodé. L'acheteur paie plus que le prix convenu, ou prétend l'avoir fait. Il s'excuse, parle d'une erreur ou de frais de transport inclus, et vous demande de lui rembourser la différence. Souvent, cette différence doit servir à payer un « transporteur ».

Le paiement initial est faux, ou il sera annulé plus tard. Le remboursement, lui, part bel et bien de votre compte. Vous perdez l'argent, et parfois la voiture en plus.

La règle est simple :

  • vous refusez tout paiement qui ne correspond pas au prix convenu ;
  • vous ne remboursez rien tant que le montant total n'est pas crédité et disponible ;
  • en cas de doute, vous demandez à votre banque de confirmer que les fonds sont définitivement acquis.

Un acheteur honnête qui s'est trompé de montant comprendra très bien que vous attendiez.

L'acheteur à l'étranger et son transporteur

Le profil type est reconnaissable. L'acheteur n'a jamais vu la voiture. Il ne demande pas d'essai. Il ne négocie pas, ou à peine. Il n'écrit que par messagerie, jamais par téléphone. Et il veut envoyer un transporteur, un « mandataire » ou un proche pour récupérer le véhicule.

Pourquoi l'absence d'essai et de négociation est un signal en soi : un vrai acheteur engage une somme importante. Il veut voir l'état, entendre le moteur, poser des questions sur l'entretien, et il cherche presque toujours à obtenir un geste sur le prix. Celui qui accepte tout, tout de suite, sans rien vérifier, n'a souvent aucune intention de payer.

Le faux service de séquestre

Variante fréquente : l'acheteur propose un service de séquestre ou de « livraison sécurisée ». Vous recevez un lien vers un site inconnu, à l'allure professionnelle. Ce site vous réclame des frais d'activation, une vérification de compte ou vos données bancaires.

Deux réflexes :

  • ne payez jamais de frais pour recevoir de l'argent ;
  • ne saisissez jamais vos identifiants e-banking sur un lien reçu par message ou par e-mail. Pour consulter votre compte, ouvrez vous-même l'application de votre banque.

Virement, espèces, chèque : ce que vaut chaque moyen

Aucun moyen de paiement n'est parfait. Ce qui compte, c'est de savoir ce que chacun garantit, et ce qu'il ne garantit pas.

Le virement classique

C'est le moyen le plus courant. Attendez qu'il soit crédité sur votre compte, pas seulement annoncé par l'acheteur. Comptez un délai bancaire, surtout si le paiement est fait en fin de semaine ou un jour férié. Fixez le rendez-vous de remise en conséquence.

Le virement instantané

Il peut être pratique si la banque de l'acheteur et la vôtre le proposent toutes les deux. Toutes ne le proposent pas forcément. Là encore, seul compte le crédit visible sur votre propre compte. Pour savoir ce que votre banque garantit une fois le montant crédité, demandez-lui confirmation.

Les espèces

Pas de risque d'annulation, mais deux autres problèmes : les faux billets, et votre sécurité si vous transportez une somme importante. La solution la plus sûre consiste à faire l'échange au guichet de votre banque. L'argent y est compté, vérifié et versé sur votre compte sur place. Vous repartez sans liquide, et l'acheteur repart avec la voiture. Renseignez-vous d'abord auprès de votre agence : certaines n'ont plus de caisse, d'autres demandent un rendez-vous pour un dépôt important, et votre banque peut vous demander l'origine des fonds ; prévoyez le contrat de vente.

Le chèque

Peu courant en Suisse, il n'a pas sa place dans une vente entre particuliers. Refusez-le.

Protéger l'essai et la remise

D'autres arnaques ne touchent pas directement au paiement, mais au véhicule lui-même.

L'essai sans pièce d'identité en est une. L'acheteur part « faire un tour » et ne revient pas. Autre variante : il demande à emporter la voiture « pour la montrer à son garagiste » avant de payer.

Quelques règles simples :

  • avant l'essai, demandez une pièce d'identité et le permis de conduire, et notez les informations ;
  • pendant l'essai, restez à bord ;
  • pour la remise, choisissez vous-même le lieu : devant votre banque, chez vous, dans un endroit fréquenté ;
  • dans le contrat, notez la date et l'heure exactes de la remise du véhicule.

L'heure de la remise compte. Elle prouve à quel moment la voiture a changé de mains, ce qui sera utile pour contester une amende ou un accident survenu ensuite. Retirez aussi vos plaques à la remise : en Suisse, elles restent liées à vous, pas à la voiture. Pour le reste du contrat et les clauses qui vous protègent, voyez ce que risque le vendeur après la vente.

Si vous avez déjà remis la voiture

Si vous avez un doute sérieux après la remise, agissez vite, et dans cet ordre :

  • ne versez plus rien, quelle que soit la raison invoquée : frais, remboursement, déblocage ;
  • conservez tout : messages, annonce, captures d'écran, e-mails, numéros de téléphone, nom et adresse donnés par l'acheteur ;
  • prévenez votre banque immédiatement, surtout si vous avez cliqué sur un lien ou saisi des données ;
  • portez plainte auprès de la police cantonale, avec tous les éléments conservés ;
  • informez votre assureur ;
  • contactez le service des automobiles de votre canton, en particulier si les plaques sont restées sur le véhicule. Demandez-lui la marche à suivre, qui peut varier selon les cantons.

Soyons clairs : rien ne garantit que les fonds ou le véhicule seront récupérés. Mais plus vous réagissez tôt, plus vous donnez de chances à la banque et à la police d'agir.

Quand c'est le garage qui encaisse

Toutes ces précautions ont un point commun : elles reposent sur vous. Vous recevez des inconnus, vous vérifiez chaque paiement, vous triez les messages douteux.

Le dépôt-vente peut changer la donne. Dans le montage le plus courant, l'acheteur ne vous paie pas directement : il paie le garage, qui vérifie que le paiement est bien crédité avant de remettre le véhicule, puis vous reverse le solde après déduction de sa rémunération. Les essais et le contrôle des paiements ne sont plus votre affaire. Vérifiez simplement dans le contrat que c'est bien ce montage qui est prévu.

Pour le circuit exact de l'argent et le moment où vous êtes payé, voyez comment fonctionne le dépôt-vente. Pour avoir une idée concrète du type de véhicules concernés, vous pouvez consulter les véhicules déjà vendus par le garage. D'autres réponses pratiques se trouvent dans nos questions fréquentes.

Si vous préférez ne plus gérer vous-même l'encaissement, vous pouvez confier la vente de votre voiture au garage. Nous regardons avec vous la formule qui convient à votre véhicule.